Retour sur Événement à la Médiathèque de Venelles

Tables de Poésie à la Médiathèque de Venelles.

La dynamique Directrice de la bibliothèque, Elisabeth ARQUIER, avait choisi de mettre à l’honneur les Éditions Prolégomènes et Michel CAHOUR, dans le cadre de la 2ème édition de l’événement métropolitain « Lecture par Nature ». Elle nous a accueillis avec professionnalisme (tout était prêt), a installé les visiteurs ponctuels dans le confortable Salon de rencontres dont ce grand espace dispose et a présenté les autres moments dédiés à cette manifestation d’ampleur territoriale Aix-Marseille-Provence qui a pour thème cette année  « Demain… », pour Venelles notamment :  « … Agissons aujourd’hui », puis son coéquipier Samuel, très investi, a pris le relais.

« Demain, Agissons aujourd’hui » ! c’est justement ce que notre association essaye de faire au quotidien : porter maintenant des auteurs encore inconnus, défendre leurs visions et leurs mots, se frotter à toutes sortes d’expériences porteuses de sens, capables de fédérer, et organiser des journées de rencontres, des événements locaux qui rassemblent les convaincus, amadouent les sceptiques ou interrogent les réfractaires… Car Demain a besoin de ces voix poétiques qui osent enfreindre le langage quotidien, pragmatique et convenu, pour s’approcher au plus près et au plus juste du vrai réel vivant, celui que l’on pressent immense et infini !

Si le fabuleux public du soir, timoré d’abord, a su écouter avec tout son coeur les lectures poignantes de Michel CAHOUR, l’heure du débat avait sonné. C’est une ribambelle de questions qui a déferlé : – Comment assume-t’on de rester ou redevenir poète ? – Pourquoi la poésie est-elle l’enfant pauvre de la littérature ? – Pourquoi les rayons de poésie en bibliothèque ne sont garnis que côté jeunesse ? – Qu’est-il possible de faire pour réhabiliter ce genre dédaigné, pourquoi l’est-il et à quoi sert la poésie ?…etc. Chaque participant a donné son point de vue et l’échange était riche d’enseignements.

Michel CAHOUR a expliqué que quand on est happé par un quotidien effréné, on ne se donne pas le temps de pause qui caractérise le regard poétique, mais que la poésie nous habite tous et qu’il est bon d’y revenir et d’y rester. Si la poésie est l’enfant pauvre de la littérature, c’est surtout parce qu’elle dérange, pourtant « La Poésie ça ne mord pas ! » nous a-t’il proposé ou parce que le dictat de la compréhension révoque l’ambiguïté, l’équivoque, la polyphonie, cette liberté dont la poésie use pour décrire la profondeur de l’âme. La poésie est volontairement réduite à la naïveté des fous, des sages et des enfants, l’adulte ne doit pas se poser de questions sur le sens intime de son existence mais se distraire et agir selon l’ordre établi, voilà sans doute pourquoi le genre est relégué au rang de littérature utopique et inutile, tandis que de tout temps elle a été le chant primordial voué à l’éveil des consciences. Que serait-il possible alors de tenter ? Des propositions ont émergé comme : « laisser traîner un recueil chez soi ou ailleurs à la vue de tous », témoigner que la lecture poétique pour soi-même à voix haute est aussi bénéfique qu’une promenade en pleine nature, une séance de méditation, qu’elle autorise l’ouverture à soi et aux autres ou encore que « la poésie n’a pas à être comprise, mais prise pour terre » c’est à dire qu’elle est un refuge très accueillant dans lequel on peut se retrouver complètement.

D’autre part, grâce à Samuel, l’irréprochable modérateur et hôte attentionné de cette soirée passionnante, notre Maison d’édition locale, associative et activiste a pu s’exprimer sur son histoire et ses choix, sur la place qu’elle occupe au sein d’un secteur, soit l’édition poétique souvent subventionnée, et la difficulté de reconnaissance. J’ai pu répondre aux questions sur la politique éditoriale de la Maison faite de coups de coeur à promouvoir impérativement et sur l’engagement bénévole et passionné qui fabrique doucement une solidaire fraternité entre les auteurs.

Enfin, Michel CAHOUR et moi-même avons proposé de nouvelles lectures, poèmes extraits des autres recueils publiés aux Éditions Prolégomènes, ils ont circulé entre les mains de l’assemblée curieuse et enchantée, qui avait la possibilité de les acquérir avec ou sans dédicace.

Pour conclure ce long retour sur événement, je souhaiterais remercier chaleureusement Élisabeth et Samuel (qui nous ont confié leur impatience : déménagement prévu pour 2022 dans la structure toute neuve du Projet Centre Culturel de Venelles) pour leur soutien et la quinzaine de visiteurs qui par sa contribution ce soir là et sa motivation nourrie, portera loin les saveurs de la poésie, initiera de futurs lecteurs et sans nul doute incitera les rayons adultes à s’étoffer.

Merci.

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